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Yoann Scheidt, batteur bruitiste et masqué 
Musicien de père, depuis son père, en fils,  il n’a pas de fils.


Yoann Scheidt - DVD session - Camas Mars 2006 -
photo by Lydia Daniller

Dans le bain de fête, il tape à tout va avec bâton, cuillère, fourchette, couteau ? « il n’a pas le droit, trop jeune », et bien d’autres ustensiles aussi désagréables. Un jour comme les autres il se lève, va déjeuner et, avec stupéfaction tombe sur une batterie bleue toute neuve lui barrant le chemin. POUM.PAC.TAC.POUM. «  il faut bien commencer au début, quoi ? ». Après ses premiers cours de batterie, Jeannot Bielsa (le prof) lui dit « c’est pas tout ça mon petit, mais il va falloir commencer l’apprentissage du solfège ». A cet âge-là, le solfège ça fait penser à l’école, alors après un, voir deux efforts d’attention, il dit stop. Enfin il le dit pas mais il aimerait… Mais bon, sans le dire, il met de côté l’apprentissage du solfège pour toujours, à l’époque ! Il a envie de jouer, de toucher, de souffler, de taper, oui surtout de taper. Dans la rue, dans sa chambre, partout. En attendant de jouer ailleurs, il sillonne les rues avec les Sous Fifres de St Pierre. A 10 ans, le goût du voyage le prend par la caisse claire et l’emmène à droite, à gauche, mais surtout à gauche. Il part avec les Sous fifres jouer à Newcastle (vers l’Ecosse), 24h de bus ça marque une vie…Ah oui ! un voyage à Cuba pour faire de la musique à 11 ans, tout d’même. « ben oui, c’était bien…mais bon, j’étais trop p'tit ». Une sélection officielle dans le Big Band Gironde « y’a pas de grands souvenirs… en même temps je n’y suis resté qu’un an ». Quelques années plus tard, après 2351 Km parcourus en 10 ans avec les Sous Fifres de St Pierre, puis l’Atelier de Fifres, carnavals, naïades et autres fêtes du coin et d’ailleurs, il dit : « le fifre est un bel instrument, bruyant, quand il n’est pas faux ». Ce qui ne lui attire pas de problèmes parce que tout le monde est d’accord aujourd’hui encore. Puis en 1998 la batterie à peine usée, il commence à jouer avec la Cie Lubat… et là, ça dure pendant 7 ans, à un rythme où il vaut mieux avoir le rythme. En 2001, après une rencontre sur scène pour un bal au festival de fifres de Saint Pierre, Les Rois de la Danse font leur apparition, ils propagent le Rural Spirit où l'on veut bien d’eux. En 2003 en rapport aux conflits sociaux, s'éveille en lui le désir jusque-là inavoué de nouvelles postures, de nouvelles relations aux publics et aux arts : il fonde alors e triO d'en bAs, une musique d’en haut pour la France d’en bas.

yoann.scheidt@gmail.com